Prendre tout trop à coeur

Emotions fortes, ruminations, sens exacerbés…

Quand on est hypersensible, tout est vécu plus intensément.

Au travail : Je prends le temps d’aménager mon environnement de travail (plantes, tableau, photos…) pour le rendre plus joyeux et créatif. J’ôte ce qui me pèse et le remplace par ce qui me réjouit.

En cas de montée émotionnelle trop forte, je m’isole dans mon bureau, le temps de me calmer, si je pense que cela va être stigmatisé ou mal compris.

J’identifie les moments où je me sens débordée par mes émotions (présentation, réunion, confrontation avec un supérieur ou un client…) que pourrais-je mettre en place pour faire face ?

Si l’environnement professionnel est trop toxique, j’ose prendre un nouveau tournant, je choisis un métier où mon écoute, mon soin et mon dévouement seront reconnus (commerciale, soignante, enseignante, thérapeute, tatoueuse, artiste…)

Si cela n’est pas possible je mise sur mes loisirs et notamment sur les activités sportives pour me ménager un sas de décompression et préserver mon équilibre.

En couple : Je ne cache pas ma sensibilité à mon conjoint : je communique sur ce que je ressens et j’exprime mes besoins. Je lui donne mon mode d’emploi, tout en dédramatisant.

Je ne m’oblige pas à vivre des situations inconfortable par amour. Si je suis trop fatiguée pour sortir, si le film d’horreur ou le manège à sensation fortes me rebute, je lui dis! J’assume ma sensibilité et je me retrouve plutôt sur des activités qui me ressemblent.

Je tire parti de mes différences. Je laisse l’autre gérer ce que je n’aime pas faire. Je lui montre que j’ai besoin de lui et je valorise ses compétences.

Je suis à l’écoute : Je lui demande comment il ressent ces situations où il me voit perdre pied et je vois comment l’aider s’il ne comprend pas ce qui se passe.

Je ne m’oublie pas au profit de mon couple. Je prends du temps pour me nourrir intérieurement et je mène les activités créatives qui m’intéresse, je reviendrais vers mon conjoint en étant ressourcée.

En amitié : Je ne suis pas trop exigeante et n’en demande pas trop aux autres. Je peux être une super amie et oublier un anniversaire, je m’accorde le droit à l’erreur. Là encore, j’explique mes réactions pour éviter les heurts et vexations.

Je m’éloigne des relations perverses et des gens qui semblent jouer avec ma sensibilité. Je choisis bien mes ami(e)s et je me protège.

Je mise sur mes centres d’intérêt pour rencontrer d’autres hypersensibles. Musique, danse, ateliers d’écriture, scrapbooking, activités nature. Je me rapproche des gens qui me ressemblent.

Je veille à un certain équilibre et je ne m’oublie pas. Malgré mon empathie naturelle, je ne suis pas une professionnelle de l’écoute et je risquerais de m’épuiser dans ce rôle de pilier. Pour que la relation amicale fonctionne, la réciproque doit avoir lieu.

En tant que parent : Si je sens que les larmes ou la colère montent, je m’isole pour protéger mon enfants de cette tempête émotionnelle. Quel que soit son âge, je lui explique ensuite mon comportement pour ne pas le laisser dans l’incompréhension ou la détresse.

J’essaie de ne pas être dans l’anticipation négative, en projetant mes peurs sur mon enfant. Même s’il est hypersensible lui aussi, il ne traversera peut-être pas les mêmes difficultés que moi. J’essaie plutôt de lui transmettre une vision positive de l’hypersensibilité :  « Voici ce que ça nous donne en plus… »

Je me procure des livres jeunesses sur les émotions pour l’aider à comprendre ces sentiments exacerbés. Je pose des mots sur ce que je vis ou ce que lui vit, c’est une manière de lui transmettre des compétences émotionnelles qui l’aideront plus tard.

Je suis bienveillante envers moi-même, il n’existe pas de parent parfait et je fais certainement aussi bien que les autres. Je me libère des injonctions et je me fais confiance.

J’ose demander de l’aide si c’est vraiment difficile. Thérapie personnelle ou guidance parentale peuvent m’aider à travailler sur ma représentation de l’hypersensibilité et m’accompagner au quotidien

La sensibilité est une qualité : Pour être heureuse lorsque l’on est hypersensible, on essaie de considérer tous les bénéfices que cela comporte. Malgré les difficultés, la sensibilité est une qualité et l’hypersensibilité, par extension, confère des avantages : Elle rend plus empathique, plus attentionné, plus altruiste. L’hypersensible est en général un salarié soucieux de bien faire, un bon ami, un bon partenaire, un bon amant, un parent très à l’écoute…

Si l’on sait s’appuyer sur les ressources de la sensibilité, il est possible d’avoir des compétences expertes dans tous ces domaines. Mais cela impose d’abord d’apprendre à gérer ses émotions et notamment son anxiété.

Les débordements font partie de la vie des hypersensibles : on ne les rendra jamais invisibles, il faut accepter. Mais on peut les limiter. De manière générale, l’hypersensibilité devient une ressource à partir du moment où l’on arrive à l’utiliser pour en faire une compétence relationnelle, personnelle, professionnelle : quand on est capable de s’ajuster à l’autre et de comprendre ses émotions ; quand on devient plus habile dans les situations émotionnelles ; quand on voit que nos émotions nous servent à prendre des décisions importantes dans la vie, au lieu de nous bloquer comme elles le faisaient avant.

Quand cela devient une souffrance ou une source de difficultés dans la vie (quelques séances peuvent suffire à se rendre compte que ce n’est pas un défaut). Mais aussi quand on fait face à d’autres symptômes : irritabilité, susceptibilité, pensées négatives. Dans ce cas, il est important de consulter un thérapeute, notamment pour bien faire la distinction entre ce qui relève de l’hypersensibilité et ce qui relève d’autres troubles psychologiques, comme la dépression par exemple. Car les enjeux ne sont pas les mêmes .

Toutes les techniques qui font appel à un état modifié de conscience et à la sensorialité sont intéressantes pour canaliser l’hypersensibilité au quotidien. Yoga, hypnose, méditation, sophrologie, EMDR, relaxation, massages.

N’hésitez pas à explorer vos émotions autrement que sur un mode intellectuel et conscient.